Séminaire du laboratoire MNSHS – “Philologie numérique” – 12 juillet 2021, en ligne

Séminaire du laboratoire MNSHS – “Philologie numérique” – 12 juillet 2021, en ligne

Epitech - Bâtiment Paritalie
12 Jul 2021

Nous avons le plaisir d’accueillir Florian Cafiero (GEMASS – CNRS/Paris Sorbonne), Jean-Baptiste Camps (Ecole nationale des chartes) et Simon Gabay (Université de Genève) lundi 12 juillet de 14h à 17h dans le séminaire du laboratoire Méthodes Numériques pour les Sciences de l’Humain et de la Société (MNSHS) d’Epitech. La séance portera sur “la philologie numérique”.

Pour suivre cette séance en ligne et recevoir le lien, il suffit de vous inscrire en envoyant un message à recherche@epitech.eu.

A noter :

Si vous souhaitez participer à l’expérience qui sera menée avec l’auditoire durant la 1ère intervention, il faut vous munir d’une feuille de papier et d’un stylo, et de quoi prendre une photo (un smartphone par exemple).

Pour la 2ème intervention, si vous souhaitez également participer à la « hands-on session », vous devez installer le logiciel Oxygen (https://www.oxygenxml.com/xml_editor/download_oxygenxml_editor.html) et demander une licence pour un essai de 30 jours (https://www.oxygenxml.com/xml_editor/register.html?p=editor).

Florian Cafiero et Jean-Baptiste Camps interviendront d’abord sur “La marche de l’erreur : pour une étude expérimentale à grande échelle de la copie des textes” :

“Depuis l’Antiquité jusqu’à l’invention de l’imprimerie, pour confier un texte à l’écrit et lui permettre de voyager en d’autres lieux ou de parvenir à de nouvelles générations, il était nécessaire de le retranscrire à la main. Scribes ou moines copistes recopiaient parfois des oeuvres qui les passionnaient, parfois des œuvres qu’ils ne comprenaient guère. Si compétents qu’ils aient été, ces copistes n’en ont pas moins commis un certain nombre d’erreurs, générant elles-mêmes à la copie suivante des erreurs parfois encore plus grandes. Et, soit que certains passages se perdent ou ne fassent plus sens après quelques erreurs mal placées, soit qu’ils semblent démodés ou ennuyeux, les copistes tentent parfois d’inventer. Pour ces raisons, nous conservons donc de nombreuses versions d’un même texte, parfois fort différentes… Mais à quoi pouvait ressembler la version originale de livres de la Bible ? des légendes du Graal ? Pour retrouver les textes originaux, il nous faut mieux comprendre les erreurs qui les ont altérées. Nous lançons donc une expérience à grande échelle pour simuler ces erreurs dans la transmission et leurs résultats. Elle devrait s’étendre sur 3 pays (France, Italie, Etats-Unis) et faire l’objet d’une présentation à l’été 2022. Certaines expériences auront lieu en présence. Mais dans le contexte du COVID-19, et pour faciliter la tenue de l’expérience à plus grande échelle, nous souhaitons développer une application. Celle-ci contiendrait une interface ergonomique de copie de texte, et permettrait la numérisation puis la reconnaissance d’écriture manuscrite.”

Puis Simon Gabay nous parlera de la “Pratique manuscrite dans un monde d’imprimés: le cas du Grand siècle”.

“Les hommes écrivent, copient et publient des textes depuis des siècles. Lors du passage du livre manuscrit (le codex) au livre imprimé, le cœur de ce triptyque, le système de copie, a muté en profondeur: avec la mécanisation de la reproduction, le copiste s’est fait imprimeur, le scriptorium est devenu un atelier d’imprimerie… Mais l’avènement d’une culture de l’imprimé n’implique cependant pas la disparition d’une pratique scribale dont la persistance et les traces sont trop souvent sous-estimées (Sharpe2016), y compris jusqu’à des époques très récentes (Johnston1999). À l’époque moderne, si la culture du livre imprimé se développe rapidement, le manuscrit ne disparaît pas pour autant (Beugnot2020). On trouve de la documentation administrative, comme des lettres codées (cf.image1),des brouillons d’auteur, comme les sermons de Bossuet (cf.image2), des correspondances, comme les célèbres lettres de Sévigné (cf.image3), des documents inédits, comme des traductions de Racine (cf.image4), des mémoires, comme ceux de Perrault (cf.image5), des textes polémiques, comme des mazarinades(cf.image6), des imprimés annotés, comme les épreuves de Bossuet (cf.image7)ou enfin des documents de travail, comme des copies d’imprimeur (cf.image8).L’importance de ces manuscrits, trop longtemps ignorés, commence a être redécouverte par les chercheurs, que ce soit via des études génétiques (i.e. quis’intéressent au processus d’écriture, cf. Régent-Susini2009) ou plus largement philologiques (i.e. qui se penchent sur la matérialité du document, cf. Gabay2020), mais ce champ reste encore trop peu exploré. Afin de pallier ce problème, nous nous proposons de constituer un répertoire numérique de manuscrits classiques, témoignant de la persistance d’une culture scribale parallèlement à la consolidation de l’économie du livre imprimé dans la France d’Ancien Régime (Martin1969). Ce travail n’étant nouveau que par le fond (le manuscrit français classique) mais pas par sa forme (un catalogue numérique de manuscrit, cf. Burnard 2008), il se doit de s’aligner sur des standards et bonnes pratiques préalablement établis par les chercheurs (e.g. le XML-TEI, cf. Burnard 2014) pour des raisons évidentes d’interopérabilité des données. Ce catalogage se voulant une première phase avant l’augmentation d’un corpus de français moderne déjà existant (Gabay, Bartz, and Deguin2020), la modélisation des données devra contenir compte de cette évolution future.”